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Tour Gravel de l’Île de France (T.G.I.F)

Pendant les deux derniers mois, j’ai eu le temps de scruter les chemins et les routes en attendant que l’on puisse ressortir. Et enfin, on nous dit que l’on peut se déplacer dans les 100 kilomètres autour de notre domicile ! Alléluia !

Pas besoin de m’en dire plus, je pose des jours, peaufine mon tracé, regonfle les pneus et remplis les sacoches de plats lyophilisés. La météo va être estivale pendant quelques jours, j’ai des congés à solder avant de les perdre et je ne suis pas du genre à les donner. J’avais repéré le GR 11 qui faisait le Tour de L’Île-de-France, à ne pas confondre avec celui dans les Pyrénées, qui avait l’air assez roulant pour le faire en Gravel, sur 4 ou 5 jours. Pour cette première partie je n’ai que 3 jours de libres, mais j’ai trop besoin de m’aérer la tête, je finirai plus tard dès que l’occasion se présentera. Je veux éviter de prendre le train mais je sais que je peux rejoindre facilement le tracé en sortant de Paris par le canal de l’Ourcq, même si ça me rajoute des kilomètres et donc perdre du temps.

En faisant le tracé je m’aperçois que je ne connais pas la moitié des régions traversées : l’Hurepoix, le Mantois, Gâtinais… Des noms inconnus pour moi qui suis né pas dans la région, en Seine-et-Marne exactement. J’aime bien l’idée de partir d’une contrainte (rester dans les 100 km) et d’en faire une liberté. Boucler le Tour de l’Île-de-France par mes propres moyens ! Je pars donc tôt (ou presque) et rejoins le village du Trilport, juste derrière Meaux, en fin de matinée, après 50 kilomètres de plat le long du canal, où je fais une pause après avoir fait des achats dans une épicerie. Aujourd’hui c’est le dernier jour du Ramadan, une étagère dégouline de pâtisseries au miel, et j’en prends une pour le dessert. De quoi tuer un diabétique. L’autre contrainte de ce tour à ce moment si particulier, c’est que je ne peux compter que sur les épiceries et les boulangeries, mais ça me suffira largement, ayant embarqué 2 plats lyophilisés et 2 mueslis, il me reste juste à faire le raccord pour le midi et la journée. 

Je trouve le marquage du GR11 le long de l’Ourcq, des chemins de halage qui peuvent être monotone, mais qui otmbe à pic car je dois digérer ma pâtisserie à base d’huile et de sucre. Je traverse des villages déserts que je ne connaissais que de nom : Lizy-sur-Ourcq, May-en-Multien et enfin je sors des larges pistes plates ombragées pour rentrer dans la forêt de Retz. Quand ce n’est pas les arbres qui coupent parfois les chemins, ce sont les chevaux qui ont labouré les pistes… J’en prends note et rectifierai ça sur la trace que je partagerai. Quand je sors de la forêt, je me fais cuire par le soleil de manière brutale : pas un nuage dans le ciel et pas de crème solaire dans mes sacoches… Ne sachant pas si je vais trouver de quoi faire des courses plus tard, je fais un stop à Crépy-en-Valois (ou CREEPY en Valois, je sais plus…) où des mômes font la course en bécane de cross. Je repars avec de quoi étancher ma soif, deux grandes canettes de bière, et du pâté, il me reste plus qu’à trouver un bon endroit pour bivouaquer. Je me pose à Droizelles, pas loin d’un magnifique château, entre deux champs. J’ai pu faire le plein d’eau et me rincer un peu, dans le cimetière du village, comme je vais en prendre l’habitude durant ce tour. Le coucher de soleil est dingue, personne ne passe par ici, c’est le silence total et surtout je dors avec les étoiles en face de moi alors que je suis enfermé depuis 2 mois. Je savoure.

Réveillé par les chants d’oiseaux vers 5 h, je prends le temps de me préparer un muesli et un café, et repars sur le GR, qui me fait faire un tour du château et du village, pas encore bien réveillé, je me retrouve à mon point de départ… Aujourd’hui le but est de faire au moins 160 km et de dépasser Mantes-La-Jolie. Les chemins sont roulants à travers la forêt de Chantilly, et quand j’arrive au château je ne vois que des cyclistes, pas de touristes, pas de bus, comme d’habitude… Le seul bar ouvert sert des cafés à emporter, ça sera ma pause du matin. Je continue à remonter vers le nord sur des chemins plus ou moins entretenus, parfois camouflés par une forêt d’orties, souvent entre les champs, mais jamais plats. Le Soleil finit de me cuire, je me rafraîchis aux fontaines de villages ou sous un robinet de cimetière. Je croise par hasard un compagnon de route de la BTR, l’occasion de papoter avant de repartir vers Mantes-la-Jolie où je fais le ravitaillement pour le soir : bière et fromage pour compléter les pâtes bolo lyophilisées. Je commence à être bien entamé, il me faut trouver un endroit au calme pour me poser, j’ai déjà 160 km au compteur et le dos un peu raide, car les kilomètres sur chemins comptent triple. Je trouverai encore mon salut dans un cimetière : un point d’eau pour une douche rapide et grand luxe, un banc sous un porche avec une dalle en béton. Royal ! Mes voisins sont calmes, je m’endors rapidement après ma bière et mon dîner. R.I.P

La 3e journée débute doucement, les chemins sont tranquilles et les kilomètres passent vite, mais mes pneus sont en fin de vie et décident de me le rappeler : première grosse crevaison, je dois poser une mèche pour la première fois de ma vie. Merci la 4G qui me permet de regarder un tuto et de comprendre rapidement à quoi me sert mes petits outils que je trimballe depuis des mois. Je retrouve des chemins que je connais en arrivant à Chevreuse et je découvre la version tout-terrain des mythiques 17 tournants : un mur ! J’arrive en haut râlant comme une bête blessée, le nez dans le guidon, le cul sur le bec de selle pour rester collé au chemin, je relève la tête et découvre un groupe de randonneurs en pleine pause champêtre, me regardant circonspect : “désolé je me croyais tout seul…”  J’essaie de retrouver un peu d’aplomb, mais je suis sec. J’ai l’impression de ne pas avancer aujourd’hui et je sais que je dois rentrer ce soir à Paris. Je fais donc une pause à Chevreuse où tout le monde se déconfine petit à petit. Il est un peu tard pour continuer jusqu’à Étampes et rentrer, je prendre donc le chemin de la capitale, ou je vais enchainer les crevaisons et decouvrir des fissures dans mes pneus définitivement foutus. Je finirai le parcours la semaine prochaine si mon boulot le permet.

2eme partie
5 jours plus tard, une fenêtre météo et boulot me permettent de répartir 2 jours et pas un de plus, pour boucler la boucle ! Je dois rejoindre Chevreuse pour retrouver le tracé là où je l’ai laissé. 40 km plus tard j’y suis, mais je me sens beaucoup moins fringant que la semaine dernière, mon objectif du jour est de faire au moins 180 km. J’ai laissé le Gravel et pris mon VTT hardtail, je vois tout de suite la différence notamment dans les parties roulantes, au volant de mon tank. Les chemins sont toujours aussi agréable, jamais monotone, les villages sont perdus au milieu des champs et des forêts, je croise des gens avec des masques même dans les petits hameaux, et je trouve souvent des excuses pour m’arrêter et profiter du calme, comme à l’entrée du château de Courance que je ne connaissais pas. La forêt devient de plus en plus présente et les chemins sont parfois sablonneux, mais ça passe. Je préfère m’arrêter avant la forêt de Fontainebleau, dans le village d’Arbonne-la-Forêt pour passer la nuit. Encore une fois, je choisis de dormir encore dans un cimetière, car l’endroit que j’avais repéré est en fait sur une propriété et l’herbe déjà humide, tandis que je peux être sur une dalle en béton sèche et surtout sans tiques. Ayant déjà eu une mauvaise expérience avec une de ces bestioles, je fais attention maintenant. Une grande douche au robinet, et je lance le dîner. Je tombe de sommeil en même temps que le soleil, accompagné par les chants d’oiseaux de nuit.

La dernière journée va être musclée, la veille je n’ai pas pu faire autant de kilomètres que prévu : 170 km pour arriver à Trilport et encore 50 pour arriver chez moi par le canal, il ne va pas falloir faire le touriste aujourd’hui. Je suis prêt à partir vers 6 h 30 et je commence par sortir du GR11, car il passe par les massifs rocheux compliqués pour les vélos et gênants pour les randonneurs. J’emprunte un bout du GR1 qui file droit vers Fontainebleau, où je fais une pause-café et me ravitaille pour la matinée. Je repars en contournant le château et prends cette avenue de Maintenon qui monte en ligne droite et raide, assez rapidement je rejoins Moret-sur-Loing, un village charmant où j’ai vécut et découvert le VTT quand j’avais 14 ans. J’arrive à Montereau un peu avant 12h, affamé et déjà un peu usé, la journée va être longue… Je me repose et déjeune à l’ombre, car c’est officiel, j’ai des beaux coups de soleil que je cache sous un tee-shirt manches longues. Je repars, mais les jambes ne sont plus là, je fais 60 km en 5 heures pour rejoindre Provins par des chemins plutôt simples, mais jamais plats. Je braque une boulangerie dès mon arrivée : 2 canettes, 3 viennoiseries et une grande bouteille d’eau, mais il ne faut pas mollir, je suis loin d’être arrivé. Les chemins sont plus monotones, on rentre dans le côté Seine-et-Marne vallonné, mais moins pittoresque. J’avance plus vite, sauf quand je n’ai pas un support de gourde qui casse ou un moyeu qui se desserre et qui commence à twerker à l’arrière. Il me reste encore 40 kilomètres et je préfère prendre la route pour être sûr de finir. J’évite Coulommiers, ma ville natale qui n’a rien de charmant et arrive enfin à Trilport à 20 h 30, ça y est j’ai fais le TOUR ! Pour fêter ça, je me paye une bonne bière fraîche et d’une baguette, je fais un sandwich géant que j’avale avant de repartir vers Paris par le canal, à l’abri des voitures. Playlist Énervée pour un retour rapide : punk-rock à faire saigner les oreilles et j’arrive à 23 h 30 à la maison.

EN CONCLUSION
Pour rejoindre l’itinéraire, il y a beaucoup de choix, le tracé croise un grand nombre de gares mais j’ai préféré partir de Paris et débuter mon Tour à partir de Trilport, à côté de Meaux, que je retrouve grâce à la piste cyclable roulante qui longe le canal et qui m’évite toutes les routes. Côté vélo, j’ai choisi de partir en Gravel, connaissant bien le style de chemins que je vais emprunter, je sais qu’il n’y a rien de technique, la plupart des chemins sont roulants et que j’avancerai plus vite sur les parties de plates avec ce genre de vélo. J’ai fais la deuxième partie en VTT car je n’avais pas eu le temps de changer mes penus et ça m’a permis de faire la différence, j’en conclus que je préfère le Gravel sur ce genre de chemins.

Concernant le tracé que vous pouvez trouver en fin d’article, je l’ai corrigé par rapport à ce que j’ai vraiment fais. J’ai retiré certains passages où il était compliqué de rouler, et j’ai rajouté des chemins sur la dernière partie entre Provins et Trilport. Évidemment, on peut l’améliorer, la raccourcir, libre à chacun de s’approprier. J’espère qu’elle vous inspirera et je suis sur qu’elle vous fera découvrir des endroits surprenants à quelques dizaines de kilomètres de Paris. Les endroits pour bivouaquer se comptent par dizaines, mais il faut évidemment respecter les règles de base : pas de feu, ne pas se poser sur un terrain privé, repartir tôt le matin et surtout ne laisser aucune trace derrière moi. #Leavenotrace

En traversant les régions de l’Île-de-France, je m’aperçois du nombre illimité de possibilité, les chemins sont partout et plutôt bien entretenus dans l’ensemble, les GR et les PR se croisent et peuvent nous emmener vers d’autres régions sans croiser une seule voiture. Au final, la trace fait 622 km pour 7 322 mètres de dénivelé, avec 29 % de route et le reste de chemins que j’ai réussi à améliorer grâce au nouveau concepteur d’itinéraire de Strava.
À vous de le personnaliser selon le nombre de kilomètres que vous voulez faire par jour, seul ou en groupe, en bivouac ou a l’hôtel, et pourquoi pas en mode plus sportif, en une seule fois…

À vous de profiter de cette liberté retrouvée.

le tracé : https://www.strava.com/routes/28379547

Pour rejoindre le tracé du T.I.F :
Gare de Meaux
Gare de Petit Jouy
Gare de Fontenay-le-Fleury
Gare de Villiers – Neauphle – Pontchartrain
Gare de Mantes-Station
Gare de Lavilletertre
Gare de Bornel – Belle-Église
Gare de Cires-lès-Mello
Gare de Saint-Leu-d’Esserent
Gare de Chantilly – Gouvieux
Gare de Crépy-en-Valois
Gare de Villers-Cotterêts
Gare de La Ferté-Milon
Gare de Crouy-sur-Ourcq
Gare d’Isles – Armentières – Congis
Gare de La Ferté-sous-Jouarre
Gare de Coulommiers
Gare de Provins
Gare de Longueville
Gare de Montereau
Gare de Moret-Veneux-les-Sablons
Gare de Fontainebleau – Avon
Gare de La Ferté-Alais
Gare d’Étréchy
Gare de Saint-Chéron
Gare de Saint-Rémy-lès-Chevreuse
Gare de Coignières
Gare de Villiers – Neauphle – Pontchartrain

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