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Je pars après-demain

Non, je ne me prends pas pour Fottorino, mais je lui rends cet hommage. Je pense être dans le même état d’excitation et d’impatience que lui avant le départ du « le Midi Libre » pro. Mais, j’emporte avec moi aussi des doutes et des craintes. Je serai entouré de « pros » de l’ultra-cycling, et comme Fottorino, ça sera une première pour moi. Dans 4 jours, je serai au départ de l’Atlas Mountain Race, une course en auto-suffisance de 1150 km et environ 20 000 mètres de dénivelé, à boucler en 7 jours maximum.

L’auto-suffisance, kesako ?
Un point de départ, 3 check point, une trace gpx à suivre obligatoirement et une arrivée à relier avant le 22 février à 00 h. L’aide d’une tierce personne sur la route est interdite, toute alimentation, boisson ou équipement doivent être emportées par les cyclistes ou achetés en route, pas de drafting (rouler derrière quelqu’un), pas de ravitaillement, pas d’assistance mécanique de la part de l’organisation. Chacun est libre de rouler autant de kilomètres qu’il veut (ou qu’il peut) par jour. Mais aussi de manger et de dormir où il veut et quand il veut. Certains vont essayer de dormir dans des hôtels ou des gîtes quand c’est possible, d’autres partent avec de quoi dormir dehors.

Le parcours
Nous partirons de Marrakech, samedi 15 février à 9 h, en direction du premier CP, à Telouet, mais avant il faudra passer (et pousser?) par un col à 2500 mètres, le point culminant du parcours. Donc une première journée chargée et qui se finira au CP1 je pense. Ensuite, ça sera un enchainement de pistes et de chemins plus ou moins cassants dans les contreforts de l’Atlas qui nous ferons passer au nord puis à l’Est d’Ouarzazate. Et enfin, direction l’Ouest, en faisant quelques détours, pour finir au bord de la mer, au sud d’Agadir.

Le matériel
La seule expérience en vélo que j’ai eu de l’autonomie était la Born To Ride, mais cet événement se déroule au printemps, en France et dans des zones rurales mais où l’on peut se ravitailler très facilement. La semaine prochaine, ça sera complètement autre chose : certaines parties allant jusqu’à 90 kilomètres sont dépourvues de points d’eau et de village, nous devons donc anticiper nos besoins. Comme je suis plutôt novice, je préfère partir avec un abri léger pour parer toutes éventualités.

Là où certains ont choisi un biva et un duvet ultra-léger, j’ai choisi une tente très légère (700 grammes) + duvet 0° + sac à viande + matelas gonflable. J’espère pouvoir rouler de longues journées mais je me connais j’ai besoin d’un minimum de confort pour récupérer au maximum. La particularité de cette période au Maroc dans l’Atlas, ce sont les écarts de température, allant de 0 degré en pleine nuit et pouvant monter à 30 degrés en journée.

Pour l’eau, j’ai la possibilité de porter 3,5 litres, car en plus de chaudes heures, il faudra peut-être pouvoir faire bouillir de l’eau pour un lyophilisé que je vais emporter au nombre de 4 (2 petits déjs + 2 plats).Concernant le vélo, j’ai choisi de partir en vtt (Specialized Chisel) a contrario de la plupart des participants qui seront en gravel. Je connais un peu les chemins du Maroc depuis la Titan Déserte, je sais que ses gros pneus (2.2 en tubeless) seront un atout pour pouvoir rouler longtemps et « confortablement », et épargner mon dos… J’ai gardé la fourche suspendue pour la même raison même j’ai pas mal hésité. Pour avoir un pilotage confort, j’ai opté pour un cintre Jones, qui m’évite d’avoir les bras trop écartés et sollicités mais facilite l’accrochage de la sacoche de cintre et des accessoires (Gps, lumière, go pro, téléphone). J’évalue le poids total vélo + matériel + eau à environ 25 kg…

Ma préparation
J’ai décidé de faire cette course en septembre dernier, il y a presque 5 mois maintenant, ce qui est plutôt confortable car je ne pars pas de 0. Mais je n’avais pas évalué la difficulté de s’entrainer en tout terrain en hiver en France et surtout dans le Nord… Pas simple de faire des sorties longues sans revenir trempé et malade. Je me suis donc adapté, en courant régulièrement, en faisant des séances spécifiques de home-trainer, du renforcement notamment au niveau des bras, du dos et de la ceinture abdominale. mais aussi quelques sorties courtes (entre 60 et 100 km) sur route. Depuis les premiers jours, j’ai beaucoup étudié les cartes et regarder les photos des chemins que nous allons emprunter pour visualiser le type d’effort à fournir, c’est ce genre d’exercice qui me rassure et je l’espère, me permettra de plus facilement de m’acclimater.

Mais rien de ce projet n’aurait été envisageable sans l’aide des partenaires comme Garmin et Publicis Consultant (merci Justine et Thomas), Franscoop et son équipe, de l’équipe de North Com, Anne de l’agence Protêt, Théo de Strava et de mes amis, Yann (Aka le coach), Tober, Roman, Nico, GG et d’Olivier et Arnaud qui me « supporte » tous les jours au boulot. Je ne serai donc jamais seul sur cette route, il y aura aussi toujours ma petite famille avec moi, quelque part dans ma tête; Sophie, Léonie et Rose pour me faire avancer et me motiver quand il faudra.

Je pars donc après-demain.

merci à Matthieu Tober pour les photos et les blagues aussi grasses que les chemins  😂

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