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La Malteni Bootleggers

5 heures du mat’, j’ai des frissons.
Il ne fait pas plus de 0 degré en sortant de la tente que l’on a plantée derrière la brasserie Brunehaut, dans le petit village Belge de Rongy. On part dans une heure pour 252 kilomètres de sentiers, de terrils et de pavés pour la 3ème édition de la Malteni Bootleggers. On a préparé l’essentiel de notre matériel hier soir mais comme d’habitude, à 5 minutes du départ, on cherche un gant, une frontale… 6h25, nous sommes sur la ligne départent avec Karl et Ronan, mes gars sûrs, les derniers à partir, les autres sont déjà sur les chemins depuis une demi-heure, nous sommes 130 inscrits et presque autant sur le départ.

Au Nord, il y a les corons ! Mais pas que…
La Malteni Bootleggers est une course créée par Alex Voisine, Clem Shovel et William, 3 passionnés de vélo version sauvage et nature. Mécano, designer produit ou ingénieur chez Décathlon, ils vivent tous les 3 dans les environs de Lille, ils connaissent tous les secteurs pavés et les terrils de la région. On sent qu’il y a un énorme travail de repérage, on roule très peu sur des routes et il y a tout sortes de chemins ; des larges et roulants, des singles ou le pilotage devient un jeu, des chemins forestiers et des pavés bien sûr. C’est l’une rares courses ultras CX/gravel en France, cette « discipline » assez jeune est un dérivé du cyclo-cross, des vélos adaptés sont sortis pour une pratique plus tout terrain. Pour moi c’est un croisement entre les plaisirs sportifs du vélo de route et le côté nature et ludique du VTT.

Jusqu’au CP1
Le jour se lève assez rapidement et nous laisse découvrir la campagne du Nord dans une brume ouateuse. Je ne connaissais que Lille ou la Côte d’Opale, c’est donc une découverte pour moi. C’est en haut du premier terril que l’on peut voir ces villages, avec des vestiges de l’ère industriel devenus des monuments. Des petits groupes se forment, nous roulons à plus 20 km/h de moyenne car nous devons arriver au CP2 qui se trouve au 112ème kilomètre, avant 13h30 pour avoir le droit de continuer. Donc il ne faut pas niaiser ! Pour le moment nous arrivons au CP1 dans les temps, le froid est toujours mordant. On se réchauffe au comptoir d’un café qui sert d’air de ravitaillement, je retrouve Louise qui travaille pour Triban, une nouvelle marque de Décathlon qui me prête un nouveau vélo. Et Damien le photographe de Triban qui me suit tout au long de la course. On fait le plein d’eau et de sucre, les jambes vont bien mais ce n’est que le début de la journée qui devrait être longue. Karl et Ronan continues de se vanner entre eux, c’est qu’ils ne sont pas encore fatigués et c’est plutôt bon signe. Le gang est au complet, on repart vers le CP 2.

Et c’est le drame… 
Les terrils sont des accumulations de résidu minier, plus souvent du schiste, qui donne un pair un peu lunaire par endroits. Il y a encore 30 ans, ils étaient noirs, aujourd’hui la plupart sont recouverts de végétation. Parfois, dans un virage, on passe à côté d’une carcasse de voiture brulée, puis on longe une rivière où des oiseaux sauvages se baignent, tout une ambiance. Les montées franches de terrils nous obligent parfois à mettre le pied-à-terre, notamment celui du Sabatier Nord, le terril n°175. Une fois en haut on peut voir une multitude de monticules plus ou moins hauts, parfois de formes coniques, d’autres sont comme des tremplins. Une photo souvenir et je presse déjà Karl et Ronan de repartir pour ne pas arriver trop juste au CP2. C’est en descendant la pente que je casse mon dérailleur d’un coup net : je suis encore tout à gauche car je viens de finir la montée, la chape du derailleur est au plus près des rayons, je dérape en devers, il touche un rayon et j’entends le bruit sec et comprends que c’est la fin de la course pour moi. Avec l’aide de Ronan et Karl, je retire la pièce devenue inutile, raccourcis la chaine et nous redescendons le terril. Par deux fois la chaine casse, je passe la trouée d’Arenberg avec un ratio ridicule qui me fait avancer à 14 km/h max, tous les pavés me secouent chacun leur tour, pour l’avoir déjà roulé plusieurs fois, je sais qu’il faut avoir un minimum de vitesse pour ne pas subir les pavés, aujourd’hui c’est tout le contraire. J’arrive au CP2, où je comprends vite qu’il sera impossible de réparer, c’est la fin de la balade pour moi, pas pour Karl et Ronan qui part du CP à 13h30, l’heure limite contre laquelle on se battait ce matin. Je leur ai fait perdre plus d’heure et quelques forces dans le vent frais.

Le vélo
La journée a été plus courte que prévue mais j’ai tout même eu le temps de tester le vélo que Triban m’avait prêté pour l’occasion, le RC 520 Gravel, un modele qui sortira le 15 mai prochain, au prix de 999 euros. C’est un cadre alu, robuste mais dynamique, équipé d’un groupe Shimano 105 et des freins à disques TRP HY/RD à tirage mécanique sur pistons hydrauliques, efficaces et mordants. La transmission est un compact 50/34 11/32 à l’aise sur des chemins roulants, on peut prévoir une cassette plus montagne quand le terrain prend de l’inclinaison. La position est très agréable et permet un pilotage précis même les mains en bas du cintre, qui est légèrement évasé pour plus de confort. J’ai roulé Tubeless, les roues d’origine de la marque Triban aussi, sont Tubeless Ready, pour moins c’est essentiel sur un gravel.Pour moi, c’est un rapport qualité-prix imbattable sur son segment, le vélo est robuste et bien pensé, on peut vouloir l’alléger en changeant certaines pièces mais il est prêt à rouler sur tout type de terrains, et pendant longtemps. Il y a eu un super progrès sur le design, je trouve qu’il ressort vraiment du lot, avec sa peinture noire mate en haut et son alu vernis en bas, pour c’est une première.

Pour moi, c’est sûr, je serais sur la ligne de départ l’année prochaine, pour voir le reste du parcours mais aussi pour retrouver le bon esprit des organisateurs, de l’équipe des bénévoles et de la bonne bière artisanale !

Un grand merci à tous pour l’accueil, spécialement à Louise, Alex, Clem, Will, et Bravo à Damien Lecarpentier pour les photos et le retour en voiture.

2 comments

  1. Top compte rendu et très belles photos, Yann ! Bravo et merci ! Et désolé pour toi de cette casse et de l’impossibilité de finir la course.

    Arnaud

    PS : avec quoi as-tu fait les photos ?

    1. c’est le photographe de Triban qui suivait la course, un pro !

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