Trail Verbier St-Bernard

Le réveil sonne à 2h30 dans mon van, pour un petit déj à la frontale. La nuit à été courte et la journée sera longue. 3h40, je traverse le village endormi et rejoins la ligne de départ. Nous sommes environ 400 au départ, il presque 4h, le speaker lance le décompte, 5, 4, 3, 2, 1… et nous partons tous comme si nous allions faire une petite balade, c’est à dire trop vite.

Le chemin se rétrécit et c’est à la lumière de nos frontales que nous courrons dans la foret, la poussière vole autour de nous et la chaleur diffuse l’odeur des sous-bois. Tout le monde rentre dans sa bulle, le peloton se fait silencieux et chacun prend son rythme. Jusqu’au 1er ravitaillement, le terrain est plutôt descendant ou plat, c’est juste après que les choses sérieuses débutent. Quasiment 1800 mètres de dénivelé en 10km pour atteindre la Catogne et ses 2548m, mais dès les premieres pentes, j’ai le souffle court, des sortes de points de côtés qui m’empêchent de respirer correctement. Je ralentis le rythme tout de suite en espérant que ça passe au cours de l’ascension.

Le soleil qui est passé au dessus des sommets alentours commence à chauffer quand j’arrive en haut de La Catogne après 3h d’ascension. Ma respiration ne va pas mieux, c’est même de pire en pire. Au sommet, je prends le temps de faire une photo car je sais que ma course se transforme plus en randonnée, alors autant en profiter. La descente est aussi exigeante que la montée, mais le ravitaillement arrive et je me force à manger un peu de soupe car je n’ai quasiment rien avalé de solide depuis le départ à cause de la chaleur. J’ai encore l’énergie et l’envie de continuer mais dès que je repars dans l’ascension suivante vers la Cabane d’Orny (2 831 m), je m’essouffle et suis obligé de m’arrêter régulièrement pour que mon cœur ne s’emballe pas trop. Je regarde ma montre pour gérer les barrières horaires puisqu’à ce moment je sais que mon seul objectif est de passer la ligne d’arrivée, peu importe mon temps ou mon classement, l’essentiel est de finir. Ou au moins d’essayer…

A cours d’eau, je fais un stop dans un petit torrent pour recharger ma poche à eau. La montée est longue mais j’arrive tant bien que mal en haut après un passage dans un pierrier assez inhospitalier, où je m’aide des 2 mains. Au refuge, je comprends que je suis dans les derniers, la table est vide, il ne reste que de l’eau plate et 3 coureurs sont allongés, visiblement en fin de course, comme on dit. Je prends le temps de remplir encore ma poche à eau avant de repartir, bien décidé à ne pas baisser les bras et à essayer de retrouver mon souffle dans la descente vers La Fouly. J’arrive à courir doucement mais impossible d’accélérer et de rattraper mon retard. Je rattrape un coureur venant du Doubs, avec qui je passe une bonne partie de la descente. Il m’apprend que la barrière horaire est plus juste que ce que je pensais, je comprends doucement que ça être compliqué de finir cette course voire impossible car il me reste 1 heure pour courir les 8km qui me séparent de La Fouly. Sur le papier c’est complètement jouable, mais mon état de “fraîcheur” me ramène à la réalité. Nous croisons un coureur avec le coude et les genoux en sang, un autre avec un orteil cassé, la descente n’a épargné personne. Arrivés à Saleina, nous croisons les secouristes qui rapatrie plusieurs coureurs vers La Fouly et je comprends en discutant avec eux que ma fin de course est très compromise. Je prends alors la décision d’arrêter ici et la femme d’un blessé nous propose de nous déposer à La Fouly pour aller prévenir l’organisation de notre abandon. Je retire mon dossard après 12h pour parcourir seulement 42km sans trop de regrets.

Le tracé de cette course est le plus vertical que j’ai pu découvrir avec celui de l’UT4M, les montées sont très raides et les descentes techniques, ce qui en fait une des courses les plus exigeantes. Le nombre des abandons est assez impressionnant chaque année mais la beauté des paysages et le choix des chemins en font un incontournable.

Jules-Henri GABIOUD gagne et boucle la course en 17h31m42s.

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    • Nicolas Leturque
    • 1 août 2016
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    Hello Yann,
    Super petit film malgré la galère. Mais bon, quand y’a plus de jus….Il n’y a quand même qu’en trail que tu peux saisir de tels panoramas…mais que c’est dur !
    Remets toi bien avant de nouvelles aventures.

  1. Hello Yann,
    Ton film est juste superbe.
    Un grand plaisir de le voir…et de me voir en bleu Schtroumpf et bandeau jaune sur la montée de Catogne sur quelques dizièmes de secondes mais après avoir passé le ralenti c’est bien moi ;-)). Je comprends ô combien ta lassitude arrivé à La Fouly, je l’ai vécue l’année dernière en remettant mon dossard. Peut être retrouveras tu de l’énergie et de la motivation pour remettre cela l’année prochaine. Je te souhaite avoir cette envie.

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