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Ski-rando//Tour du Jötunheimen

Le silence et 40cm de glace sous les pieds

24 heures plus tôt nous étions encore à Bastille chez le loueur de ski et aujourd’hui nous glissons sur un lac glacé long de 20km. Les bateaux qui permettent de le traverser l’été sont pris dans une gangue de glace et les montagnes nous regardent de haut. Il est 12h, nous partons faire le tour du parc de Jotunheim en Norvege en passant par les deux points culminant du pays : le Galdhøpiggen et le Glittertinden. Nous sommes le 20 avril 2014, il est 11h30, sous nos pieds : le lac de Gjende.

Départ de Gjendesheim
Pendant les premieres heures, on se cale, on se teste, on se règle – chausser des skis de randonnée est une première pour Pascal et moi. Malgré les pieds qui chauffent nous profitons de cette premiere journée et du décor intimidant qui nous entoure. Je découvre les crêtes, les sommets que je regardais sur ma carte depuis plusieurs semaines et je me sens tout petit, en train de marcher sur ces millions de mètres cube d’eau du lac de Gjende au milieu de montagnes brutales. On parle souvent d’un silence pesant mais ici, on le savoure, on se surprend à le goûter, à l’écouter. Pas de vent, pas de moteur, juste notre respiration que l’on retient pour ne pas perturber ce moment.

Première nuit dans un refuge (Gjendebu) : on saisit la différence de culture. Les gens sont discrets, le calme règne, la décor est simple et sans faute de goût. On se réveille reposés et prêts à grimper vers notre prochain refuge, celui de Olavsbu. On règle « la douloureuse », qui, ici porte bien son nom : tout est payant (la douche, l’eau pour ton thermos, etc.); il va falloir regarder d’un peu plus près notre conso de bière. On part avec un super petit dej dans le ventre (saumon, charcuterie, fromage et fruits) et un lunch bag que nous avons composé nous-même. Nous devons parcourir 18km pour atteindre le prochain refuge et nous avons largement le temps de monter 1 ou 2 petites bosses pour nous tester dans les descentes avec la charge de nos sac (environ 15kg). A partir de 11h30 la neige n’est plus glacée et on peut se faire plaisir gentiment.
Arrivés au refuge de Olavsbu, assez tôt et en sachant que le soleil se couche vers 22h à cette période de l’année, nous prenons un thé avant d’aller grimper une partie du Mjølkedalstinden qui se trouve juste en face de notre fenêtre.

Nous sommes partis de Paris avec tout ce dont nous avions besoin pour être en autonomie (tarp, duvet, gaz et 3 jours d’alimentation) et pour parer à une mauvaise météo ou autre. On a vite compris que l’on aurait pu partir bien plus léger : tous les refuges sont munis en gaz, en couettes et en oreillers propres et chauds. Certains refuges sont en self-service (non gardés) ainsi la nourriture est disponible mais je vous conseille de bien regarder les dates de péremptions et les prix. Voilà, on aurait pu partir avec un simple sac à viande, moins de fringues chaudes pour le soir car tout les refuges sont équipés d’une salle pour laver et sécher les vêtements.

Après une nuit un peu agitée à cause de l’aquavit, nous partons pour rejoindre le refuge de Leirvassbu. Le chemin est toujours balisé par des branches plantées dans la neige, aucun risque de se perdre, il faut juste faire attention d’être sur la bonne route car malgré la neige, beaucoup de chemin sont ouverts en cette saison. On comprend que la rando à ski en Norvège est quelque chose de très ordinaire. Nous croisons un père et son fils, des jeunes, des vieux, des couples avec leurs chiens, la plupart avec des ski de randonnée nordique et des petits sacs par rapport aux nôtres.

Nous arrivons à Leirvassbu en début d’après-midi, le décor est magnifique et le soleil tape très fort depuis le début – on s’en aperçoit et voyant nos têtes rougissantes dans le miroir. On discute avec 2 vikings qui arrivent torse nu et ski free-ride. Ils nous expliquent quelle montagne ils viennent de grimper. Piolets et bras gros comme ma cuisse, ils rigolent pas niveau montagne mais sont très sympas. Nous prenons la décision de continuer et de faire 2 étapes en 1 pour gagner un jour et ainsi pouvoir peut-être aller voir un fjord à la fin de la semaine. Nous arrivons donc au refuge de Spitertulen, où nous avons prévu de passer 2 nuits pour pouvoir monter plus léger le Galdhøpiggen.

Après avoir pris des renseignements sur la meilleure façon d’aller au sommet et la météo du jour, nous partons avec juste un lunch bag et de l’eau pour la journée. Un début bien raide sur une neige un peu glacée nous fait tout de suite suer à grosses gouttes. Mais plus nous montons et plus le spectacle en vaut la peine. Il n’y a que le bruit de nos peaux phoques et notre respirations pour rythmer notre ascension. Tout autour de nous, nous apercevons des glaciers sans aucune traces et des mers de glaces entre chaques sommets. En montant, nous repèrons le meilleur chemin pour redescendre car à certains endroits il ne vaut mieux pas traîner au risque de nous retrouver 200 mètres plus bas.
Le Galdhøpiggen est composé de 3 bosses que l’on doit redescendre en partie pour pouvoir monter la prochaine. Une fois arrivés au pied de la derniere montée quelques nuages apparaissent et viennent s’accrocher au dernier sommet. Nous prenons la décision de monter tout de même car la dernière partie du chemin est bien balisée et on croise les doigts pour que le temps ne se gate pas plus. Arrivés en haut, le vent souffle mais le spectacle est magnifique, nous voyons tous les autres sommets autour et j’ai un petit sentiment grisant d’être plus haut. Nous sommes seulement à 2469 mètres mais nous sommes très fiers notre premier « sommet » à ski que l’on à grimpé en 3h20. Et maintenant nous allons nous régaler à descendre en seulement 1 heure.

Nous repartons le lendemain matin pour rejoindre le refuge de Glitterheim passant par le second sommet de la Norvège : le Glitterden à 2465 mètres. La montée se fait plus lentement car nous sommes largement plus chargés et nous sentons aussi la fatigue du petit footing que nous avons fait hier après-midi après le Galdhøpiggen. Nous prenons notre temps pour déjeuner au milieu du silence et des montagnes dans la dernière montée avant le sommet, personne a des kilometres à la ronde, pas de trace de l’homme si ce n’est cest branches plantées dans la neige et quelques marque de ski dans la neige. Arrivés en haut nous restons bien dans les traces comme nous l’avait indiqué la personne du refuge car à gauche et à droite se trouvent 2 précipices assez impressionnants mais dont on se rend pas vraiment compte en haut. C’est une fois arrivés en bas, après 30mn de descente sur une neige agréable, que nous nous trouvons notre petite cabane du refuge de Glitterheim où l’on passera la dernière nuit dans le parc national de Jötunheimen. Au lever du soleil, vers 5h30, nous sommes réveillés par une aube fantastique aux couleurs enflammées et nous partons pour la dernière étape qui nous permettra de rejoindre le parking de Gjendesheim où nous avions laissé notre voiture.

Nous avons parcourus au total environ 130km à ski et nous sommes revenus avec l’envie de refaire du ski de rando dans des spots naturels et préservés comme celui-ci. J’ai adoré cet effort physique de la montée qui me rappelle beaucoup celui du trail running et évidemment le plaisir de la glisse dans un décor pur sans bruit, ni remontée mécanique, ni foule.

Retour à Paris après un détour dans le fjord de Nærøyfjord et retour vers Paris et sa pollution visuelle et sonore. Je réfléchis déjà au prochain voyage, à mes envies et aux paysages que j’aimerai découvrir.

Un grand merci à l’équipe de North Com et à Eider pour nous avoir soutenu et aider avec du matériel de qualité et adapté a notre pratique.

EIDER TARGET KNIT JACKET M
La nouvelle veste en Gore-Tex® ACTIVE 3 couches en maille. Stretch, super respirante et ultra légère, elle est parfaite pour la rando light ou du trail en montagne grâce à sa coupe ajustée et sa membrane résistante a l’abrasion.
Gore-Tex® Active Knit Cloudy – Imperméabilité : 28.000 mm – 270gr / 9,52oz

EIDER TARGET PANT II M
Membrane Gore-Tex® ACTIVE. Pantalon 3 couches ultra léger.
Toutes coutures thermosoudées avec microtapes 13mm
Ouvertures latérales avec zip étanches pouvant servir de ventilation
Bas de jambes élastiques – Renforts bas de jambes en Cordura
Imperméabilité : 28.000 mm – 330gr/11,64oz (avec les bretelles qui sont amovibles)

EIDER SPIGOLO JACKET
Veste polaire technique, stretch et complètement renforcée grâce au print céramique.
Coupe près du corps – Ouverture centrale nippée – Poches mains zippées
Serrage col par cordon élastique – Manchons poignets stretch avec passe-pouce
380gr/13,40oz

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Comments

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    • Lexo_mil
    • 3 mai 2014
    Répondre

    Super récit ! ça avait l’air top ! Et vous n’aviez jamais fait de ski de rando tous les deux, vous vous êtes lancés la dedans ?

      • yann
      • 3 mai 2014
      Répondre

      Merci ! Pour une première on a eu beaucoup de chance d’avoir du beau temps et le reste n’est pas si compliqué quand on suit bien les chemins et que l’on va pas trop faire les fous dans les couloirs.

  1. Répondre

    chouette et surtout très complet
    Je voulais juste savoir si vous aviez utilisé des backcountry ou plutôt des skis de randonnées typés alpin
    Je te transmet le site web de jean françois court tenancier du gîte de la vie neuve et amateur de grands espaces tout comme toi
    tu pourras certainement le rencontrer mi-juillet

    • Pierre Derieux
    • 6 février 2016
    Répondre

    Bonjour et merci pour ces informations très intéressantes.
    Nous partons fin février pour un raid en ski de rando en Norvège, et le tour du Jotunheim nous intéresse, mais nous ne voulons pas dormir en refuges gardés.
    Pensez-vous qu’il soit possible de faire ce tour en n’utilisant que les cabanes non gardées?
    Merci,
    Pierre Derieux
    Derieux.pierre@outlook.com

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